Discours sur les temps III

A force d’enrober les vérités dans de bons sentiments, maintenant lorsqu’elles sont dites crues, elles font mal, surprennent même. On traite l’énonciateur de ces vérités comme un sans-cœur, un méchant, un cynique, mais jamais de menteur… ! On va même lui refuser le titre de philosophe, parce qu’un philosophe s’est sensé dire les choses avec « tact », donc sans trop déranger la pudeur commune. D’ailleurs lorsque certains entendent cette façon d’énoncer des vérités, font minent de ne pas avoir entendu, compris, avec cette dénégation qui dit : « cesse de me parler ainsi ! ». L’astuce consiste donc à « enrober » la vérité en usant des artifices suivants : préparer l’auditoire, trouver une mise en scène adéquate, etc. De la culture en sommes. C’est ainsi que les Arts ont encore de beaux jours devant eux.